Week-end prolongé … occasion de bouger et la destination hors frontière est évidente : Oiapoqué au Brésil !

Oiapoqué est une ville de l’état de l’Amapá au Brésil. Elle est située le long du fleuve Oyapock et fait presque face à la ville de St-Georges-de-l’Oyapock en Guyane. La traversée du fleuve se fait soit en pirogue, soit en empruntant le pont, ouvert depuis mars 2017.

Pont Fleuve Oyapock

C’est une destination qui se réfléchie de par la distance à parcourir à partir de Cayenne : près de 190 km pour un voyage prévisible de 2h30 minimum. Jo se charge de réserver un hôtel pour 2 nuits et, suite aux conseils de ses collègues, MLaure réserve un parking privé à St-Georges-de-l’Oyapock afin d’éviter d’éventuelles mauvaises surprises.

Nous prenons donc la route le samedi dès 9h00, en faisant un petit détour par Cayenne pour y faire du change. La route a été ouverte à travers la forêt amazonienne. Le seul arrêt aura été pour le contrôle des papiers d’identité au poste que la gendarmerie a mis en place après Régina.

3h00 de trajet plus tard, nous arrivons à St-Georges-de-l’Oyapock, dernière « ville » avant le Brésil. Petit détour par le fameux nouveau pont pour y faire quelques clichés. Nous avons déjeuné « Chez Modestie » d’une daube de cochon bois (une 1ère pour MLaure) Daube Cochon bois et de frites (celles du Nord nous manquent … et encore plus après avoir mangé celles-ci).

Il ne nous a pas été utile de chercher bien longtemps une pirogue pour rejoindre la ville d’Oiapoque. En effet, les piroguiers sont tous regroupés au même endroit. La traversé du fleuve Oyapock est à 5 € / personne.

A notre arrivée sur le sol brésilien 1ers pas au Brésil, nous prenons directement la direction de l’hôtel où nous sommes très bien accueillies par la propriétaire qui parle un peu le français : chambre très sommaire, sentant l’humidité, mais très propre, dotée d’une clim, d’une salle de bain et d’un lit … donc tout ira pour le mieux.

A peine délestés de nos sacs, nous ressortons pour nous diriger vers le poste de Police Fédérale. En effet, il est plus que recommandé de se faire enregistrer auprès des autorités à partir du moment où on reste au moins une nuit sur le sol brésilien. C’est donc muni du sésame sur nos passeports que nous découvrons les 1ères rues et boutiques de la ville.

Très vite, nous constatons qu’il ne sera pas compliqué de trouver ce que nous avons envisagé d’acheter : hamac, tongs, et la fameuse cachaça (ou cachace, boisson distillée obtenue par fermentation puis distillation du vesou, le jus de canne à sucre - cousin du rhum - ingrédient de base du cocktail caïpirinha).

Nous traversons le marché couvert et passons devant de minuscules salons de coiffure où pourtant 3-4 clients sont installés (entassés mais à l’aise) à se faire faire pour l’un une coupe de cheveux, pour d’autres une beauté des ongles (mains et pieds). L’oppression du lieu au premier abord disparait vite avec la bonne humeur, les rires qui semblent présents partout. Nous avons remarqué qu'un grand nombre de boutiques tenaient à disposition de leur clientèle un ou plusieurs billards sur leur terrasse, ainsi qu'un écran où chacun peut s'installer devant afin de suivre les matchs de football. Le plus étrange a été de voir un écran suspendu à l'arrêt du bus, surplombé d'une parabole, sans savoir si un bus s'arrête vraiment à cet endroit !

Après une petite pause pour le goûter, nous nous sommes ressourcés dans la chambre climée avant de partir à la recherche d’un « Churrascaria » (restaurant à viandes typique du Brésil). Nous avons malheureusement découvert, que ce type de restaurant n’était ouvert que le midi. Notre curiosité a été éveillée par la terrasse d’un restaurant où se trouvait une table avec plusieurs marmites. Des bols et des couverts étaient à disposition des clients souhaitant dîner sur place. Nous avons donc pris notre bol, soulevés chacun des couvercles pour y découvrir des soupes de poulet, de porc, de queue de bœuf ou de crevettes. Nous nous sommes amplement rassasiés avec la « soupe » à base de crevettes et légumes, et d’une Caïpirinha Caïpirinha .Ces soupes ressemblent plus à des plats mijotés qu’aux soupes que nous consommons habituellement en métropole. La restauratrice, qui parlait un peu français, n’a pas été avare d’explications sur la cuisine de son établissement et s’excusait presque de ne pas pouvoir nous servir de viandes autres que celles proposées dans ses soupes.

Notre sortie nocturne nous a fait toucher de prêt à l’ambiance musicale présente partout. Le plus surprenant a été le son sortant des enceintes de voiture, digne de boîte de nuit !

Après le repas, nos pas nous ont amenés vers la place des fêtes, ce qui nous a permis de découvrir que le football de rue n’est pas une légende et que le football féminin est prisé : le terrain étant occupé uniquement par les filles Football brésilien. Nous avons eu la chance d’assister à une répétition d’un groupe folklorique : époustouflant de dynamisme.

 

Groupe folklorique à l'entrainement

 

ça ne s'arrête jamais ...

Retour à l’hôtel pour y passer une nuit réparatrice après cette grande journée.

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Après un petit déjeuner royal, nous avons pris un taxi pour aller passer la journée au Ranch PK9, conseillé par un collègue de MLaure. La course ne sera payée qu’au retour.

Ranch PK9

Nous découvrons un site très sympathique où on peut y passer uniquement une journée ou une ou plusieurs nuits (carbets ouverts ou fermés pour y installer son hamac) : une grosse rivière avec rochers de quoi se baigner, un terrain de beach-volley, une tyrolienne, des bouées, des paddles, des tables et chaises à installer où bon nous semble. Le tout mis à disposition gracieusement. Le midi, un grand buffet chaud et froid est installé sous le grand carbet. Nous en avons profité pour goûter de nouvelles saveurs. C’est un lieu propice à la détente et au repos en famille ou entre amis.

A l’heure fixée, le chauffeur de taxi était présent pour nous re-déposer à Oiapoque où nous sommes partis à la recherche d’un des 2 glaciers indiqués comme incontournables dans notre guide. Impossible à trouver, nous nous sommes repliés sur le 2nd. S’en est suivi une petite balade près du fleuve dans un quartier dit « attention on n’y va pas » dont nous sommes sortis indemnes !

Fast food mobile  Pont sur le Fleuve Oyapock  Pirogue alu vs pirogue bois

Petite douche à l’hôtel où nous avons eu une coupure électrique pour l’éclairage et non pour la clim … un grand mystère, d’autant plus que seul l’éclairage des chambres était coupé.

Jo a proposé de dîner dans la rue, là où sont installés de nombreux marchands, proposant des brochettes de viandes précuites et remises sur les braises. 2 brochettes + 2 riz + 2 sodas : moins de 5€ !

Resto mobile

On constate que les passants viennent chercher leur repas et retournent le manger chez eux ou ailleurs. Et ceux qui mangent sur place, repartent sitôt la dernière bouchée avalée. Nous étions les seuls à nous être posés pour manger tranquillement en regardant l’animation nocturne de la rue.

Retour à l’hôtel toujours sans éclairage dans la chambre. La propriétaire des lieux se confond en excuses.

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Nouveau petit déjeuner royal avant de retourner à la Police Fédérale pour faire tamponner notre passeport signalant que nous allons quitter le Brésil.

On finalise nos achats avant de se diriger vers les piroguiers. Nous souhaitons aller voir le Saut Maripa avant de regagner St-Georges. Quelques petites négociations de tarifs avec 3 piroguiers et validons notre tour pour 30€ avec l’un d’eux. A cet instant et comme depuis notre arrivée à Oiapoque, nous n'avons jamais été sollicité à outrance par les piroguiers, les boutiquiers ...

Le Saut Maripa est le plus redoutable et le plus connu des 100 rapides qui jalonnent le fleuve Oyapock. Il fait 2 kilomètres de rapides sur 14 mètres de dénivelé. Il est possible d’accéder au Saut par une piste de 20 km partant de St-Georges.

Saut Maripa  Saut Maripa

 

Saut Maripa

Le piroguier nous a amené au plus près, en aval, du Saut Maripa. Un plaisir pour les yeux et pour l’appareil photo.

Une pluie torrentielle nous a accompagnés sur le retour à St-Georges où nous avons récupéré notre voiture et acheté de quoi manger sur le chemin du retour.

Nouveau contrôle des papiers d'identité par les gendarmes au niveau de Régina où nous avons fait un rapide tour en constatant que ce ne serait pas là qu’on s’arrêterait casse-crouter ! Malheureusement cette petite ville ne donne aucune envie de s’y arrêter où même l’écomusée n’est ouvert que quelques jours par semaine !

Nous avons fait notre pause à l’intersection d’Approuague. Un petit carbet-buvette avait attiré notre attention à l’aller. Les personnes présentes nous ont fait un très bon accueil et nous avons pu échanger avec elles sur leur mode de vie dans ce coin perdu de la Guyane. Le propriétaire du lieu nous a présenté son père qui avait fait le choix de quitter la métropole et venir s’installer ici afin de retrouver un climat et un mode de vie au plus proches de ses origines asiatiques. Après plusieurs minutes d’échanges, nous avons été agréablement surpris d’apprendre que nous avions habités dans les mêmes villes à des années différentes, et en particulier à Mont-de-Marsan. Nous apprenons ainsi que de nombreux landais sont installés à Approuague.

Conclusion de notre séjour sur la terre brésilienne : Oiapoque est une petite ville à la fois paisible et animée en journée. La population est accueillante et  les commerçants ne forcent pas à la vente. A aucun moment, nous ne nous sommes sentis en insécurité, contrairement, à ce qu'on avait pu comprendre de certains de nos interlocuteurs. Ce séjour nous a donné envie d'aller plus profondément à la découverte de ce pays. La langue officielle, le portugais, dont nous ignorons tout, n’a pas été un frein pour nous faire comprendre car de nombreuses personnes parlent français. Reste l’inconvénient le plus marquant : la distance entre Cayenne et St Georges !

PHOTOS


Un peu d’histoire : Durant la période coloniale, le territoire de l'actuelle Oiapoque faisait partie de la Capitainerie du Cabo Norte. Au début du XVIème siècle, les Portugais d'Amérique menaient des luttes contre les autres Européens pour établir leur contrôle sur la région comprise entre le rio Oiapoque au nord, et le rio Amazonas, au sud, pour étendre leur empire colonial.

La municipalité d'Oiapoque tire son origine de l'installation, à une date indéterminée, d'un métis du nom d'Émile Martinique, 1er habitant non-indigène du lieu. On sait que la localité s'appelait alors "Martinique" (Martinica), et, de nos jours encore, il n'est pas rare d'entendre cette désignation, notamment de la part des habitants les plus vieux.

En 1907, le Gouvernement fédéral créa le 1er détachement militaire de la commune, qui servait pour la rétention des prisonniers politiques.

Pour marquer la souveraineté nationale brésilienne sur les régions limitrophes du pays face au Contesté franco-brésilien d'Amapá résolu en 1901, un Monument à la Patrie fut érigé pour marquer le commencement du territoire brésilien.

La municipalité d'Oiapoque fut créée le 23 mai 1945, et est située dans la partie la plus septentrionale de l’État d'Amapá, dont Macapá, la capitale, peut se rejoindre par l’unique route, la BR-156 longue de 600km.

Elle est limitée, au Nord, par la Guyane française (commune de St-Georges-de-l'Oyapock) et, au Sud, par les municipalités de Calçoene, Serra do Navio et Pedra Branca do Amapari. À l'Est, elle est baignée par l'Océan Atlantique et, à l'Ouest, elle fait limite avec Laranjal do Jari.

Elle est composée de 2 districts :

  • Clevelândia do Norte (zone militaire) ;
  • Vila Velha (zone de propriétés d'extraction agricole).

Depuis mars 2017, le pont sur l'Oyapock permet le franchissement du fleuve vers St-Georges-de-l'Oyapock et la Guyane française.

Par ailleurs, les nombreux touristes guyanais boostent l'activité commerciale de la ville. En effet, ceux-ci sont attirés par cette ville frontalière réputée offrir de meilleurs prix qu'en Guyane, notamment pour les alcools, le tabac, la viande brésilienne.

 



Sources : Oiapoque selon Wikipédia, Oiapoque selon Wikivoyage, France Info Guyane 1ére - Le pont, Ranch PK9 selon Escapade Carbet

Blog : Lapinous on Road