Nous profitons des visites guidées thématiques (gratuites), proposées dans le cadre du mois de la ville de Cayenne 2018 par l'Office de tourisme de Cayenne en partenariat avec le Parc Naturel Régional de Guyane et l'association Passion Guyane.

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Le RDV est donné à l'office du tourisme à 9h00. Une brève introduction en attendant les quelques retardataires, nous apprend que les visites guidées de la ville sont inexistantes depuis bientôt 2 ans. L'association Passion Guyane, tout juste déclarée, va les remettre en place dès 2019. Notre guide nous dit qu’aujourd’hui, la visite nous présentera brièvement les principaux pôles d’attractivité de la ville, sans être une visite dite « historique »… il faudra revenir et payer !! On va dire que c’est de bonne guerre …

Le 1er point d’intérêt se trouve juste derrière l’office de tourisme : le Fort Cépérou. C’est ici qu’il faut venir pour avoir une vue imprenable de la ville.

Situés sur le Mont Cépérou, le Fort et la Pagode

Pagode au Fort Cépérou

sont malheureusement très dégradés alors même que ce lieu a été classé monument historique. Nos pas nous ont ensuite amenés sur la Place Léopold Héder dite aussi place de Grenoble, classée monument historique en mars 1999. En son centre, on trouve la fontaine de Montravel, édifiée en 1867 par des bagnards et dédiée au gouverneur qui avait réussi à résoudre le problème d’approvisionnement en eau de la ville. Le long de cette place, se trouve l’hôtel de la préfecture, bâtiment de style colonial, où sont organisées les soirées du Préfet. (je vous invite à aller voir le « Blog de Marie-Odile et Philippe » qui est une vraie source d'informations). Nous logeons l’ancien hôpital avant de faire un bref passage sur la fameuse Place des Palmistes qui nous apprend combien il est difficile de faire perdurer le maintien des palmiers : en effet, après plusieurs attaques de chenilles, les incivilités et les difficultés à trouver les financements nécessaires … la mairie replante régulièrement des palmiers. La guide nous entraine à la découverte de Street Art, thème qu’elle espère pouvoir exploiter pour de futures visites guidées. Petit arrêt sur la place des Amandiers occupée, ce jour, par l’organisation d’un concours de pétanque.

Les discussions et échanges sont nombreux et c’est quasiment au pas de course que nous poursuivrons la visite qui s’oriente sur les commerces en tout genre. Le 1er commerce est très surprenant : Muzé Du Nimporte'koi où on peut acheter de tout mais surtout n’importe quoi ! On passe devant à chaque retour du marché, le samedi, et nous ne l’avions jamais remarqué. Ensuite, aperçu rapide de bonnes adresses : restaurants, librairies, vente de hamacs et souvenirs … Le groupe est abandonné par plusieurs membres (en effet, la visite devait se terminer à 11h00, et alors qu’il nous reste encore beaucoup à voir, il est déjà 11h45). Nous poursuivons notre périple par un passage rapide à la Cathédrale St Sauveur (malheureusement fermée) puis direction le port et le MIR (Marché d’Intérêt Régional) après une petite pause à l’office de tourisme où nous récupérons une bouteille d’eau ! Le soleil tape … les coups de soleil sont là ! Quelques pas sur le ponton du port, 

Ponton Port marée basse

nous apprend que des panneaux racontant l’histoire de la ville y sont installés. Retour par le marché aux poissons où chacun déguste un sorbet : maïs lait de coco - corossol pour ML / corossol - coco pour Jo. Quel bien ça fait ! A notre tour d’abandonner le groupe … il est 12h30 et grand temps d’aller faire le marché aux fruits et légumes avant qu’il n’y ait plus rien (comme dans notre frigidaire).

Nous sommes assez mitigés sur cette visite qui, sommes toute, nous a donné envie d’être à l’affut de la sortie sur le thème : maisons créoles (extérieur/intérieur).

 

Photos


 

Un peu d’histoire : La ville de Cayenne … 

Le Fort Cépérou, à l’origine de la création de la ville de Cayenne vers le milieu du 17ème siècle, a une situation stratégique avec une vue imprenable sur la mer et sur l’entrée de la rivière de Cayenne. Charles Poncet de Brétigny, directeur français de la compagnie du « Cap de Nord », rejoint en 1643 les 1ers colons. Il achète une colline aux indiens Galibis et lui donne le nom de « Mont Cépéroué, nom du chef indien. Charles Poncet de Brétigny a recours aux persécutions et humiliations contre les indiens autochtones qui finissent par se révolter en anéantissant cette colonie. Au fil des années et des évènements, le fort changera souvent de nom.

Un petit village fut bâti sur cette colline sous la protection de la fortification : naissance de la ville de Cayenne.

Au gré des conflits, entre 1954 et 1676, agitant les puissances sur le vieux continent, le Fort Cépérou sera hollandais, anglais, français.

Le 18 décembre 1676, les troupes françaises, dirigées par le vice-Amiral d’Estrées, reprennent la ville aux hollandais. Les plans d’une nouvelle enceinte seront élaborés par Vauban, l’ingénieur du Roi, au cours de l’an 1689. En 1701, le fort est ravagé par les flammes au cours d’un incendie qui s’étend jusqu’à la ville composée de cases recouvertes de feuilles de palmier. Les portugais qui occupèrent la Guyane entre 1809 et 1817 détruisent à leur départ tous les systèmes défensifs de l’île de Cayenne. En 1864, le fort était quasi à l’abandon. Le 15 octobre 1879 : Décret instituant les municipalités en Guyane, élues au suffrage universel. En souvenir, la date du 15 octobre sera par la suite choisie pour celle de la fête de Cayenne. Le 12 août 1888, la cloche installée sur la Pagode du fort retentit durant huit jours, lors du grand incendie du quartier Sud-est de Cayenne. C’est durant la première moitié du 20ème siècle, qu’une horloge publique installée sur le site donnait l’heure aux cayennais.

D’où vient le nom de Cayenne ? Une légende veut que le roi Cépérou, chef des Galibis ait eu un fils du nom de Cayenne. Cayenne, qui aimait passionnément la princesse Bélem, fit appel au sorcier Montabo pour l’aider à conquérir son cœur. Grâce aux bons soins de Montabo, Cayenne pu franchir, monté sur un taureau, une immense rivière aux eaux tumultueuse. Il pu ainsi rejoindre Bélem et l’épouser. Pour le récompenser, le roi Cépérou décida que le village au pied de la colline sur laquelle il vivait s’appellerait Cayenne.

Une 2nde théorie plus historique : pour M. Boyer, directeur scientifique de l’atlas de la Guyane, l’origine réelle doit plutôt se chercher dans les termes de marine du 17ème siècle. La caïenne était ce réchaud sur lequel se faisait la cuisine pendant le voyage. Lorsqu’après plusieurs mois de mer, le capitaine trouvait un havre accueillant où il décidait de séjourner, son premier souci était de faire « débarquer la caïenne ». Dans l’argot des marins, Caïenne a bientôt signifié un lieu où l’on pouvait se reposer des rigueurs de la mer. Par extension, les dépôts de vivre dans les ports se sont appelés Cayenne. Brest, Rochefort ont eu leur cayenne. Aujourd’hui encore dans le compagnonnage les lieux où sont accueillis et nourris les compagnons du tour de France s’appellent des cayennes.

 

 


Sources : Les origines du Fort Cépérou3 siècles d’histoireBlog de Marie-Odile et Philippe.