De nombreux collègues de Jo ont évoqué la belle ballade à faire au sentier du bagne des Annamites avec pour point de chute la crique Tonnégrande.Ce lieu est à l'origine le camp Crique Anguille, un des nombreux camps présents en Guyane (pour plus d'informations, cf. "un peu d'histoire" ci-dessous).

Sentier Bagne des Annamites

Les températures étant élevées et cette balade étant prisée, nous partons relativement tôt afin de pouvoir découvrir ce site dans de bonnes conditions. En arrivant sur le parking (annoncé tardivement), on ne peut que constater que beaucoup ont eu la même idée !

Les tous premiers pas sur le sentier, nous mettent de suite dans l'ambiance amazonienne.

Forêt 1

Cette balade est accessible aux familles dont les enfants pourront gambader sans danger. Des planchers en bois permettent de traverser certaines  zones qui doivent être inondées en saison des pluies. Des panneaux d’information, maleureusement assez détériorés, jalonnent le sentier et les ruines qui sont parfois difficilement repérables car enfouies sous la végétation.

Après une petite heure de marche et un détour pour découvrir les restes du quartier des tirailleurs sénégalais, nous sommes arrivés à la crique Tonnégrande. Sur place, il y a une aire de pique-nique (3 tables), un ponton et quelques cordes suspendues qui permettent aux plus téméraires de jouer à Tarzan pour plonger dans la rivière.

Ponton

Des morphos et morphos bleu barrés évoluant au dessus de l'eau et dans la forêt ont fait la joie des yeux de MLaure qui ne cesse d'être étonnée de leur majesteux vol.

Les tables de pique-nique étant déjà "assaillies", nous logeons le cours d'eau jusqu'à trouver un petit coin de tranquilité.

Après une petite baignade pour Jo, nous traversons ce cours d'eau (frais ... très frais tout en faisant beaucoup de bien) pour nous installer sur l'autre rive afin d'y pique-niquer. L'expérience du terrain de Jo, a permis une installation rudimentaire pour s'isoler des insectes indésirables !!

Sur le chemin du retour, nous avons poursuivi la découverte des restes du camp : la prison, les commodités, le quartier des condamnés, le quartier administratif. Même si ces lieux sont envahis par la végétation, de nombreux vestiges sont présents et expliqués par des panneaux informatifs.

Bagne des Annamites  Prison

On ne peut que déplorer le manque de mise en valeur du site, mais la nature est tellement puissante que l'homme ne peut que s'incliner.

photos

 


 

Un peu d'histoire :

Le bagne des Annamites ou Camp de la Crique Anguille se situe sur la commune de Montsinéry-Tonnérande, à 45km de Cayenne.

Créé en juin 1930, en même temps que 2 autres camps (La Forestière, Saut du Tigre), ce camp dépend directement du gouverneur de la Guyane. Entre 1931 et 1946, il a accueilli 525 prisonniers indochinois venus de Saïgon et d’Hanoï.

Dès 1887, le Laos, le Cambodge et l’ensemble Annam-Tonkin, protectorats français, formaient l’union indochinoise. La politique coloniale connaît un durcissement qui mène au soulèvement de Yen-Bay en février 1930. Le gouverneur Pasquier décide alors d’éloigner les « éléments subversifs » en les dirigeant vers des terres lointaines. La création en Guyane du territoire autonome de l’Inini, par décret du 6 juin 1930, permet au gouverneur de donner acte à sa décision. Les conditions étaient remplies pour l’arrivée en avril 1931 de plus d’une centaine de prisonniers politiques et de plus de 400 condamnés de droit commun : l’installation des camps s’impose alors. Lorsque les indochinois déportés arrivent en Guyane, après une traversée de 35 jours, puis des troubles violents dans le pénitencier où ils avaient été placés, 395 prisonniers rejoignent, en septembre 1931 le camp de la Crique Anguille.

Originellement, le camp comprenait sept bâtiments en bois, la maison du chef de camp, des cachots et un réfectoire, tous construits par les premiers bagnards. Le but de ce camp était de développer la région de l'Inini, alors entièrement recouverte de forêts. Les premières pistes sont tracées à partir de 1934. À partir de 1939, les détenus sont progressivement libérés à la fin de leur peine. Lors du déclenchement de la guerre en 1940, les tirailleurs sénégalais qui officient comme gardiens furent remplacés par des militaires guyanais. Le camp est définitivement fermé en 1945. Les Indochinois qui y sont encore sont graciés et s’installent dans la ville de Cayenne pour y fonder ce qui est encore aujourd’hui appelé le quartier chinois.

 


 

Sources : Mairie de Montsinéry-Tonnigrande,  Camp Crique Anguille